Drame agricole aux Vignes : Counté daoumadgé… un berger et son troupeau en danger

Counté daoumadgé, quel dommage en Occitan. Une phrase insignifiante en patois que les bergers échangent entre eux. Une phrase qui porte pourtant une infinie tristesse et une énorme commisération pour parler sans ciller du drame et du troupeau, de la centaine de brebis qui aurait péri. Counté daoumadgé, c’est le terrible drame d’un paysan de chez nous…

Cet exploitant vivait sur le causse, dans la commune nouvelle du Massegros Causses Gorges, aux portes de ses rêves de vie, de nature et d’agriculture. Dans la force de l’âge, la quarantaine qui devrait être radieuse… Mais la réalité a mangé ses espérances et son rêve s’achève de façon très douloureuse, avec un troupeau en souffrance.

Il était arrivé voilà quelque dix années pour asseoir sur le causse son rêve de pastre. Faire berger, vivre sa passion avec ses chiens et ses brebis, voilà quel était son rêve. Dans cette Lozère où les causses tutoient les cieux, où les troupeaux paissent sur l’infini des pâtures ondoyantes. Avec le vent du causse pour seul voisin, avec ce vent changeant au gré des saisons, qui caresse tantôt la neige et tantôt pousse de sa brise chaude une mer ondoyante de cheveux d’anges, il pensait concrétiser son rêve.

C’était avant. Avant qu’il ne soit rattrapé par la dure réalité des paysans de Lozère. Un environnement rude, une vie économiquement compliquée et qui le devient de plus en plus. Une vie qui s’étrangle de crises en crises. Une vie qui devient terrible depuis cette année très étrange que nous vivons depuis l’apparition du Covid.

Alors, c’est arrivé de façon insignifiante, subrepticement cela a attaqué son âme. Comme si notre berger s’était assis sur une pierre, laissant filer la vie devant lui. sans douleur apparente, sans sentiment,… comme anesthésié. Ne s’apercevant même plus de la terrible réalité, de la souffrance de son troupeau qu’il aimait pourtant profondément.


Son mal-être a pris le dessus, jusqu’à étouffer ses sens, lui faire perdre toute idée de la réalité. une partie de son âme a pourtant survécu, l’empêchant d’accomplir le pire, mais poussant sa dépression la plus noire jusqu’aux portes de l’hôpital.


Et son troupeau est resté, orphelin, en détresse, sur ce causse. Le pays des rêves et des envies, le paradis a fermé ses yeux pour verser dans l’enfer de la réalité.

Une enquête de gendarmerie est en cours. La préfète de la Lozère, Valérie Hatsch, les services vétérinaires et Christine Valentin, la présidente de la Chambre d’agriculture se sont rendus sur les lieux dans l’après-midi. Le Procureur de la République Vincent Blériot a ouvert une enquête préliminaire pour mauvais traitement sur animaux, sans qu’il y ait de motif intentionnel. Il s’agit, comme on l’a compris d’une immense détresse et d’un homme qui sombre dans la dépression. Le cheptel compterait environ 200 brebis. Il semblerait qu’une centaine soit morte, selon le procureur.

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