Il y aurait un "loup" dans le paysage à Arzenc-de-Randon. Où une attaque de prédateur met en péril l'équilibre fragile d'une exploitation

Mercredi 6 mai, la Coordination rurale a déposé la carcasse d’un veau mort devant la préfecture, accompagnant symboliquement la détresse d’un exploitant agricole dont l’une des bêtes, âgée d’à peine 2 mois aurait été croquée vive par un loup, selon le syndicat. L’affaire a fait grand bruit médiatique. Et c’est accompagné d’un quiproquo avec la préfecture. Mais, au fond, ça n’est pas que le loup le problème. Cette attaque n’est que la partie révélée d’une véritable montagne de problèmes qui font la vie dure aux petits exploitants de nos montagnes…

Le cadavre du petit veau eventré à l'aine a été déposé devant les grilles de la préfecture à Mende par une délégation de la Coordination rurale qui accompagnait l'exploitant victime de la prédation. Douleur d'un homme qui met en lumière la difficulté d'etre paysan chez nous. Douleur liée au sentiment d'être seul face à l'adversité. Et volonté syndicale de faire cesser le problème loup. Voilà l'equation. Un  problème majeur dont la préfète Valérie Hatsch a fait dès son arrivée en fonction une priorité. D'ailleurs, la préfète avait promis à la CR qu’elle constaterait de visu les dégâts à la première prédation. Elle le fera et avait même prévu de le faire, a-ton appris auprès de ses services.

La Coordination rurale nous a affirmé n’avoir pas été prévenue d’une visite annoncée. D’où le quiproquo et la livraison du cadavre… et désormais de grandes difficultés pour gérer la nécropsie selon le protocole et pouvoir dire de façon certaine si le loup est l’auteur des dégâts, puisque le petit veau a té déplacé.

« La préfète a pris sans délai toute la mesure du drame que vit un éleveur lorsqu’il perd une bête : elle a dirigé une réunion d’urgence le jour-même et a mobilisé la direction départementale des territoires pour un entretien approfondi avec l’éleveur», a-t-on appris par communiqué. Et c’est bien cela le cœur du sujet, offrir une aide solide à Gérard Challier, l’exploitant d’Arzenc-de-Randon dont l’attaque a mis en lumière la difficile condition.

Gérard Challier, la soixantaine, ne fait pas parti de ces paysans riches de la Beauce ou de la Limagne. 60 ha, dont quelques-uns en sectionaux, 36 bêtes… et la passion qu’il faut alimenter au fil des années, des saisons et des hivers surtout. Des saisons de travail, sans guère de repos. Il vit en famille au Giraldès. Certes une vie belle et simple, comme on les vit ici, mais aussi une vie rude et précaire. Dans ce fragile équilibre qui ne tient souvent qu’a force de volonté et d’interminables journées de labeur, il en faut peu pour que tout bascule…

C'est ce qui s'est produit avec cette attaque. Espérons qu'elle servira tout de même et que Gérard Challier obtiendra le soutien qui va lui permettre de continuer son chemin

Plus d'infos, dès jeudi 14 mai dans La Lozère Nouvelle

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