Les Tagada Jones ont enflammé La Canourgue !

Le groupe breton Tagada Jones, représentant connu et reconnu sur les scènes du monde entier d'une musique punk hardcore jouée sur des chants pour le moins engagés, enragés et en Français s'est produit dans le village de La Canourgue sur l'invitation de Isa et Serge Ménalt de l'association Nawakstyl basée à Banassac. Cette venue complètement improbable a bousculé l'habituelle quiétude du samedi soir dans la petite Venise lozérienne. Pendant quelques heures, des sons sortis d'ailleurs ont attiré une sympathique assistance friande de tous les genres de musique "métal".

Tagada Jones, qui rentre du Québec et qui va jouer dans le courant de la semaine un concert à Dubaï, en Arabie Saoudite, avant d'effectuer une tournée au Japon, parcourt le monde depuis deux décennies. Le groupe aurait pu complètement ignorer la Lozère dans son programme mais ce n'est pas le genre de la maison qui met un point d'honneur à rencontrer également ses fans jusqu'au fin fond des campagnes françaises. Il faut dire qu'au-delà de leur genre et de leur style musical spécifique qu'ils maîtrisent à la perfection, les quatre musiciens (Niko, chanteur-guitariste ; Steph à la guitare ; Waner à la basse et Job à la batterie) sont engagés politiquement et prônent l'indépendance. Les textes très militants de Niko soulèvent les problèmes induits par le capitalisme débridé, la mondialisation qui fascine certains économistes, l'écologie politique, les religions... Ce mélange d'une musique n'entrant pas dans des standards bien établis et de paroles dénonçant les dérives de la société plaît à leurs nombreux fans et à beaucoup de curieux qui les découvrent. Ce groupe de Rennes, fondé il y a très exactement 24 ans, affiche à son actif 1 900 concerts et a visité 34 pays. Pour ses déplacements en France et dans les proches nations européennes, le minibus Mercedes qui les transporte indique 550 000 km au compteur ! « Nous avons pris plusieurs dizaines de fois l'autoroute A 75 pour aller dans le sud et en Espagne précise Niko. Et, à l'avenir, nous porterons une attention plus particulière à l'environnement lorsque nous traverserons la Lozère ». Malgré sa notoriété planétaire, le groupe reste simple et à la portée de tous. Au début de la prestation, le chanteur s'est même excusé de n'être jamais venu en Lozère. Plus de 200 entrées ont été comptabilisées et la salle polyvalente de La Canourgue était déjà bien pleine dès 21 h. Juste devant la scène, la piste de danse a été rapidement envahie lorsque les premières notes ont fait vibrer les parois peu habituées à renvoyer autant de décibels. En première partie, le jeune groupe lozérien de hard rock "Le Mur", vainqueur du tremplin rock organisé en juin dernier par Nawakstyl, a étonné par sa maturité musicale. Le "power trio" (guitariste-chanteur, bassiste et batteur) a parfaitement chauffé la salle avec des compositions originales en français très percutantes. Jérôme, Paul et Aurélien, du Bruel d'Esclanèdes et de Mende, arborant chacun une fine moustache, ont été rapidement surnommés "La brigade du Tigre" par une bonne partie des fans. Ce look semble bien coller à la peau de ces musiciens qui méritent d'être connus et qui devraient aller loin. L'entrée sur scène des Tagada Jones a été un triomphe salué comme il se doit. Le volume sonore poussé au plus haut, le concert a démarré très fort. « Ça cogne ! » s'est exprimé un aficionado déjà emporté par une musique envoûtante. Les chansons se sont enchaînées, entrecoupées de courts dialogues avec les spectateurs puis le rythme s'est encore accéléré, les musiciens bougeaient dans un mouvement brownien continu et les fans entraient en communion avec eux. Les gros titres comme "La Peste et le Choléra", "Mort aux cons", "Je suis démocratie, Antisocial"... ont déchaîné à chaque fois la foule. Pour le commun des mortels, la musique métal correspond à des individus qui crient dans un micro sur une musique agressive et puissante. Cependant, avec de la curiosité et de la réflexion, on apprécie les artistes et ce style endiablé porteur de messages.

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