Cédric Ginier veut dépoussiérer l'image des rallyes Terre !

Créateur du rallye Terre de Lozère, Cédric Ginier a été élu président national de l’association qui regroupe tous les organisateurs. Ce bénévole survolté qui ne ménage pas ses efforts va tout mettre en oeuvre pour que sa discipline fétiche franchisse un palier !

Où est née votre passion pour les rallyes Terre ?

« En 2008 avec mon copilote Frédéric Turière, on a décidé d’aller au rallye des Cardabelles en tant que spectateurs. L’année d’après on était commissaires de route. Alors que l’on faisait de l’asphalte, on a eu un coup de coeur. On a alors acheté une voiture pas trop chère pour la monter sur terre. On gagne la classe de notre premier rallye au Terre des Causses ! C’était parti ».

Vous avez alors eu l’idée de créer un rallye Terre en Lozère ?

« Alors que j’étais commissaire technique sur un rallye du championnat de France tout-terrain (buggy, 4x4…) à Aurillac, j’ai rencontré Michel Théron (l’organisateur du Terre des Causses) et Serge Fréville, le président de l’association Terre de France. Je leur ai demandé quel budget il fallait et si c’était compliqué de gérer une manche du championnat de France Terre ! Le lundi qui suit, en marge d’une réunion de l’ASA Lozère, j’en ai parlé à Thierry Ressouche, Jacques Paoli, Claude Mary, Sébastien Pic, Sabine Paulhan… Ils m’ont dit banco ! ».

On en était cette année à la cinquième édition et la réussite est totale ?

« Il faut rendre hommage au Trèfle lozérien qui a certes essuyé les plâtres mais qui a su faire accepter le sport mécanique en pleine nature. On a aussi la chance d’avoir des élus comme le sénateur Alain Bertrand et le maire de Mende Laurent Suau. Dans leurs discours, ils font tout pour associer sport mécanique et nature ».

Quel est le rôle de cette association Terre de France ?

« On les a rencontrés avec Thierry Ressouche pour la première fois il y a six ans lors de leur AG à Capdenac. Terre de France regroupe tous les organisateurs. Il y a une AG par an, une réunion le vendredi lors de chaque manche et à Paris deux commissions par an au siège de la Fédération. On a aussi un rassemblement pour l’élaboration du cahier des charges du championnat ».

Comment s’est déroulée votre élection à la présidence ?

« Nous étions en AG à Millau les 19 et 20 novembre. Comme pour toutes les associations sportives, une année olympique est élective. Le bureau se renouvelait et Serge Fréville, le président sortant, ne pouvait plus briguer un nouveau mandat car il réside à Marseille depuis deux ans ce qui l’a obligé à abandonner son poste d’organisateur du rallye Terre d’Auxerre. Sa succession était ouverte. Je suis l’un des plus jeunes organisateurs. Thierry Ressouche m’a encouragé à y aller. On a un rallye Terre de Lozère qui marche bien avec un côté novateur concrétisé par cette super-spéciale qui ne s’est jamais faite ailleurs. J’ai l’envie de faire avancer cette discipline. Un nouveau bureau a été élu. J’ai présenté ma candidature à la présidence. Le bureau l’a validée. La première vice-présidente est issue de l’ASA de Langres ».

Combien y a-t-il d’épreuves dans ce championnat de France ?

« En 2016, il y a eu cinq épreuves plus une sixième hors championnat. On en aura sept en championnat l’année prochaine. Je pense que c’est un bon chiffre. La saison va démarrer le premier avril avec une manche par mois jusqu’en juillet. En été on va faire une pause jusqu’au Terre de Lozère les 26 et 27 août. On reprendra le rythme d’une épreuve par mois jusqu’en novembre et le Terre de Vaucluse. Cette cadence est parfaite pour refaire le portefeuille et les voitures ! ».

Comment faire pour attirer encore plus de têtes d’affiche et avoir une lutte intense entre quatre et cinq pilotes ?

« Je ne sais pas s’il y a bien une recette. On s’aperçoit que le championnat de France est peu valorisé. Les constructeurs sont tournés à 80 % vers le WRC qui comprend à 70 % des épreuves Terre ! On a trop laissé dire en France que la terre, c’était pour les “bouseux”. On a cette très ancienne culture asphalte. C’est difficile d’attirer les grosses structures sur la terre même si ça change. Il y a tout un travail à réaliser sur l’image, la dépoussiérer, montrer que pour aller vite en WRC il faut passer par la terre ! ».

La terre peut-elle devenir l’avenir du rallye ?

« Avec la terre, tout le monde y trouve son compte! On peut en faire avec une auto à 5 000 €, des pneus d’occasion et prendre un énorme plaisir. On a aussi des R5 qui valent environ 300 000 € avec des budgets pneus et carburants totalement démesurés. On a un équilibre à trouver entre ces deux mondes. Il est indispensable de conserver le côté convivial de la terre avec ces véhicules accessibles aux petits budgets. On doit aussi continuer à attirer des pilotes comme Julien Maurin qui menait de front le championnat de France Terre et le WRC2. L’un ne va pas sans l’autre. C’est cet équilibre qu’il faut trouver ».

Commentaires (0)

Réagissez à cet article


© 2014 La Lozère Nouvelle - Un site créé par La News Company

Scroll To Top