La nuit des camisards, trois dates en Lozère !

Les Cévennes accueillent, en ce mois d'août, la pièce de théâtre “La nuit des camisards”. Lionnel Astier ne cache pas sa fierté de pouvoir présenter son oeuvre dans des lieux aussi prestigieux. Voici les paroles d’un homme passionnément attaché à son territoire.

Quel a été le déclic qui vous a fait écrire cette pièce “La nuit des camisards” ?

« C’est un projet d’amis avec Gilbert Rouvière, le metteur en scène. Nous sommes alésiens tous les deux et cela faisait longtemps que nous voulions faire quelque chose non seulement sur les camisards mais aussi dans la forêt. On ne souhaitait pas jouer dans un théâtre mais dans les bois ! J’ai donc écrit pour la forêt ce qui est quand même une écriture particulière. J’avais un décor dans la tête qui ressemblait beaucoup à Champdomergue. Cela veut dire pas de coulisses, pas d’acteur qui sort à cour et qui rentre à jardin… Tout cela est à gérer dans l’écriture. On en est à 99 représentations ».

Cette pièce se joue en extérieur, les spectateurs viennent avec leur couverture. C’est quand même quelque chose de rare ?

« Oui, même si ce n’est pas très compliqué ! On parle du Désert quand on évoque les camisards: plus de temple, plus de lieu… On va prier Dieu sous les étoiles car on faisait cela la nuit. C’était clandestin. Cela ne nous paraissait pas possible de mettre ça entre quatre murs et sous un plafond. On a donc voulu aller dans les bois pour recréer ce départ à la nuit tombée au risque de leur sûreté, de leur liberté, de leur vie… C’était quand même les galères pour les hommes, la prison pour les femmes… Le prédicant le payait de sa vie. Ce n’était pas une petite affaire! On a même recréé un peu cela dans le spectacle, une petite déambulation pour aller sur le lieu où va se dérouler la pièce. Au cours de cette déambulation avec le public, il y a de petites interventions, histoire de le mettre dans le “bain”, de le plonger dans cette époque particulière, dans ces dangers ».

En ces temps de crise où la culture est soumise à rude épreuve, est-ce que c’est plus compliqué qu’avant de réunir un budget ?

« Oui, c’est plus compliqué qu’avant car la culture n’est pas souvent le premier choix et moi-même je le comprends. Le fait de rendre notre spectacle itinérant, de proposer à plusieurs communes de se rassembler… facilite les choses. Mon rôle est de créer l’envie. Les camisards, c’est nos racines. Ça parle aussi de la violence religieuse, de la violence d’État… On est en plein dans l’actualité. C’est un projet citoyen. On est quand même plutôt bien accueillis malgré les restrictions des budgets ».

Nul n’ignore le contexte international avec les attentats. Quel message voulez-vous transmettre à travers votre pièce ?

« Je ne suis pas là pour donner des messages. Je raconte l’histoire des camisards qui peut faire écho mais juste écho. Le public est intelligent et il est capable de faire le pont avec aujourd’hui en faisant bien la distinction. Cette guerre des camisards a des choses en commun avec toutes les guerres mais elle a, à la fois, quelque chose d’unique car c’était une guerre d’Inspirés. C’est vrai que le public ne peut pas s’empêcher de penser qu’au nom de Dieu, depuis longtemps (il y a eu l’Inquisition, les Croisades…), on a fait beaucoup de choses non recommandables. Je ne donne pas de leçons, je pose des questions. C’est le rôle du théâtre ».

Un calendrier est en place cet été pour poursuivre les représentations ?

« On est très heureux que le spectacle se promène en Cévennes ! Deux lieux sont encore plus importants pour nous. Je veux parler du musée du Désert. C’est une forme de reconnaissance de notre travail et c’est beaucoup d’honneur pour nous. En Lozère, je suis particulièrement heureux d’aller à Champdomergue, haut lieu de résistance avec Françoise Brès, Gédéon Laporte, Jean Cavalier, les FTP pendant la seconde guerre mondiale… J’en suis vraiment très fier. Que le sermon d’Abraham Mazel retentisse en ces lieux, c’est beaucoup d’émotion ».

Est-ce que vous sentez que les Cévennes reviennent à la mode ?

« Je ne sais pas si elles reviennent à la mode mais moi je fais partie des gens qui pensent que l’on peut vivre en Cévennes. Même si je ne suis pas un exemple puisque j’en suis parti ! N’empêche, cela me fait les voir d’une autre façon et me donne l’envie d’y revenir et de faire quelque chose. Partir avec notre bâton de pèlerin pour jouer ce spectacle et rassembler les gens, c’est gratifiant ».

La pièce "La nuit des camisards" sera jouée à trois reprises dans le département : tout d'abord le 5 août sur le site historique de Champdomergue (avec les interventions en avant spectacle d'Etienne Passebois, Henry Mouysset et Patrick Cabanel), puis le 9 août à Meyrueis (précédée d'une conférence de Philippe Chambon) et pour terminer le 12 août, à Florac (avec une nouvelle intervention de Patrick Cabanel). Lionnel Astier sera également présent lors de ces trois soirées pour dialoguer avec les historiens et le public.
"La nuit des camisards" est un spectacle en plein air qui démarre lorsque tombe la nuit. Les spectateurs sont assis à même le sol, proches des comédiens, au coeur de l'évocation théâtrale de la célèbre nuit du 24 juillet 1702, du côté du Pont-de-Montvert, où tout un pays bascula dans "la guerre des camisards".
Pour obtenir plus de renseignements et acheter vos places, vous pouvez téléphoner au 07 83 52 05 28, mais aussi contacter les offices de tourisme Cévennes Gorges du Tarn au 04 66 45 01 14 (pour Champdomergue et Florac) et Meyrueis au 04 66 45 60 33 (pour Meyrueis).
Précisons toutefois que les places peuvent être achetées sur chaque site, avant le spectacle, dans la limite des places disponibles. Tarif : 15 euros, à partir de 12 ans, 2 places offertes à partir de 10 places payantes.

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