Le 142e d'infanterie, ce régiment lozérien qui s'est illustré pendant la Première Guerre mondiale

Le 18 août 1914, le colonel Pierre Lamole était tué à la tête du 142e régiment d'infanterie. Une plaque apposée à l'entrée de ce qui était alors la caserne (aujourd'hui la Chambre d'agriculture avenue Foch à Mende) rappelle le destin de ces soldats !

"Le 5 août 1914 partit de ce casernement le troisième bataillon du 142e régiment d'infanterie de ligne sous les ordres du commandant Desrousseaux. Regroupé à Lunéville avec le premier et le deuxième bataillon, ils sont les acteurs principaux de la bataille de Loudrefing".

Aujourd'hui paisible village de 300 habitants dans le sud du département de la Moselle, Loudrefing était depuis 1871, une commune allemande au même titre que l'Alsace et une partie de la Lorraine. Le 18 août 1914, les Français arrivent et la bataille s'engage entre le village et la gare. À 13 heures, des tirs d'artillerie vont être échangés pendant 2 heures par les deux camps. Puis, l'armée française attaque mais elle est refoulée vers la forêt d'Angviller. C'est lors de cette offensive que le colonel Pierre Justin Auguste Lamole est mortellement blessé. Le lendemain, les tirs d'artillerie résonnent tout l'après-midi. Le 20 août 1914, les Allemands reprennent l'initiative et refoulent les Français. Jusqu'à la fin de la guerre, il n'y aura plus de combats à Loudrefing qui reste occupé par les Allemands. Le bilan est terrible côté français : 1 150 hommes et 29 officiers ont été tués !

Pierre Lamole est né le 4 avril 1856 à Sournia dans les Pyrénées-Orientales. Il sort de l'école militaire spéciale de Saint-Cyr (Grande promotion) sous-lieutenant au deuxième régiment des tirailleurs algériens. En 1875, il suit les cours de l'école régionale de tir de Blidah en Algérie. Il fait partie des colonnes appelées à réprimer les mouvements insurrectionnels sur le territoire algérien en 1881. Le 11 juin 1882, il est promu lieutenant. En septembre 1883, il est envoyé au corps expéditionnaire du Tonkin (aujourd'hui le Viêt Nam). Trois mois plus tard, il est blessé par balle à la jambe gauche dans le combat de Son-Tuy. Retour en Afrique en 1885 au troisième bataillon d'infanterie légère en tant que capitaine. Fin 1892, Pierre Lamole est à la tête d'une compagnie du bataillon d'infanterie légère d'Afrique de marche du Dahomey (aujourd'hui le Bénin). Il rentre en métropole début 1894 après dix-huit ans de campagne à travers le monde ! Jusqu'en mars 1895, il reste au 55e régiment d'infanterie à Aix-en- Provence avant d'être promu major au 143e d'infanterie à Castelnaudary. En 1903, il passe au 11e régiment d'infanterie à Montauban et Castelsarrasin et en 1906 il devient lieutenant-colonel au 6e RI de Saintes. C'est le 27 mars 1911 qu'il est promu colonel au 142e régiment d'infanterie à Lodève et Mende.

C'est donc âgé de 58 ans et après près de quarante ans de campagnes dans tous les coins de la planète que le colonel Lamole perdra la vie au milieu de ses hommes.

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